Restauration écologique transfrontalière des fonds de vallées et des zones humides enrésinés
Longtemps, les habitants de l'Ardenne ont exploité les moindres arpents de terre et ont appris à tirer parti de ses sols pauvres. A proximité des villages, ils ont cultivé l'épeautre. Sur les landes maigres, ils ont fait pâturer les moutons. Dans les fonds de vallée et zones humides, ils ont fauché et produit le foin qui alimentait leur cheptel en hiver. Sur les versants, ils ont planté des feuillus pour la production de bois de chauffage. La disparition progressive de ces modes d'exploitation et l'introduction massive de l'épicéa au 19ième siècle a rompu ce fragile équilibre. Dans les fonds de vallée et les zones humides, une sylviculture résineuse ne constitue pas le choix écologique le plus judicieux. Ombre dense, forêts profondes, silence obscur, autant d'éléments pour empêcher la faune et flore typiques de ces habitats de s'y exprimer. De par leur caractère linéaire et leur rôle de couloir de communication et d'échange, de tels sites restaurés et gérés permettront de déjouer l'isolement des populations animales et végétales et de limiter la probabilité d'extinction des espèces les plus sensibles.
© PNDO
Restaurer et après ?
L'inventaire et le suivi des principaux groupes d'espèces
bioindicatrices sur des sites déboisés et gérés lors du projet
précédent Interreg III A permet de mesurer l'impact des outils de
gestion mis en place. Ces mêmes données alimentent les bases de données
scientifiques existantes au Grand-Duché de Luxembourg et en Région
wallonne.
Ce travail est essentiellement basé sur le suivi de la végétation,
l'observation des libellules et des papillons de jour ainsi que sur
l'écoute du chant des oiseaux nicheurs.
© F. Degrave, © HFN, © PNDO
© F. Degrave, © HFN, © PNDO
Le projet interreg iv a, la suite d'un projet réussi
Le projet interreg iv a Grande région « Restauration écologique
transfrontalière » s'inscrit dans la continuité du projet Interreg III
A « Fonds de vallées » qui, par la mise en commun des moyens et des
savoir-faire de deux pays, a permis, entre 2004 et 2007, de déboiser et
de restaurer plus de 100 hectares de terrains de haute valeur
biologique.
© P. Collas, © HFN, © PNDO
L'impact négatif des plantations de résineux sur l'environnement en fonds de vallée reste réversible. De nombreuses graines gardent leur capacité de régénérescence pendant plusieurs années.
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© P. Collas, © HFN, © PNDO
Le périmètre du projet
Le périmètre du projet, d'une superficie totale de près de 2000 km2,
couvre le territoire de 7 communes wallonnes (Bastogne, Bertogne,
Gouvy, Houffalize, La Roche-en-Ardenne, Sainte-Ode et Tenneville) et de
20 communes luxembourgoises (Boulaide, Clervaux, Consthum,
Esch-sur-Sûre, Eschweiler, Goesdorf, Heiderscheid, Heinerscheid,
Hosingen, Kiischpelt, Lac de la Haute-Sûre, Munshausen, Neunhausen,
Rambrouch, Troisvierges, Wahl, Weiswampach, Wiltz, Wincrange et
Winseler). La commune de Bastogne, bien que ne faisant pas partie du
Parc Naturel des Deux Ourthes est très riche en vallées
transfrontalières potentielles et pour cette raison, a été incluse dans
le projet.
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En étendant le projet à 27 communes, une dizaine de vallées transfrontalières partiellement enrésinées deviennent prioritaires.
La nature n'a pas de frontière
En levant les barrières des frontières géographiques et administratives, le projet a pour ambition d'aboutir à un partenariat transfrontalier durable dans le temps en matière de protection et de valorisation du patrimoine naturel.
2 pays, 9 partenaires, 2000 km2 répartis sur 27 communes, 7 objectifs
L'objectif premier du projet vise le désenrésinement et la gestion écologique des fonds de vallée / zones humides présentant un intérêt écologique de premier plan. Le déboisement se fait sur base volontaire et moyennant compensation financière.
Les six objectifs complémentaires concernent :
* l'information et la sensibilisation d'un maximum d'acteurs,
* l'inventaire et le suivi des espèces bioindicatrices sur des sites déboisés et gérés écologiquement,
* la compensation symbolique de la coupe des épicéas par la distribution de plants feuillus indigènes auprès du grand public,
* la revalorisation des paysages typiques de l'Ardenne belgo-luxembourgeoise,
* le renforcement de la filière bois locale et l'implication d'entreprises d'économie sociale,
* la coopération transfrontalière.
Déboiser et après ?
Dans les zones considérées comme prioritaires, il est proposé aux propriétaires qui souhaitent déboiser les terrains humides enrésinés, une compensation financière pour perte économique basée sur la valeur du peuplement. Celle-ci tient compte de l'âge, de l'état d'entretien et du potentiel de croissance des arbres.
Après déboisement, différentes orientations de gestion sont possibles
:
* le site peut être laissé à son évolution spontanée sans
intervention humaine, la nature reprend alors ses droits et la
végétation indigène évolue naturellement ;
* le site peut être planté d'un mélange d'essences feuillues indigènes adaptées à la station ;
* le site peut être maintenu ouvert par pâturage extensif, débroussaillage ou fauchage tardif.
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© HFN, © PNDO
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© HFN, © PNDO
Restaurer et après ?
L'inventaire et le suivi des principaux groupes d'espèces
bioindicatrices sur des sites déboisés et gérés lors du projet
précédent Interreg III A permet de mesurer l'impact des outils de
gestion mis en place. Ces mêmes données alimentent les bases de données
scientifiques existantes au Grand-Duché de Luxembourg et en Région
wallonne.
Ce travail est essentiellement basé sur le suivi de la végétation,
l'observation des libellules et des papillons de jour ainsi que sur
l'écoute du chant des oiseaux nicheurs.
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© F. Degrave , © R. Dumoulin, © J. Lindsey, © PNDO
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© F. Degrave , © R. Dumoulin, © J. Lindsey, © PNDO
La plantation de résineux en zone alluviale : une intervention lourde de conséquences sur les zones humides
La croissance rapide et la bonne adaptation de l'épicéa à de nombreux
milieux expliquent le choix de cette essence par certains propriétaires
pour le boisement des parcelles en fonds de vallées autrefois
consacrées à la prairie. Cependant, bien qu'étant utile à l'industrie,
les peuplements de résineux ne sont pas sans conséquences écologiques
sur ce type d'habitat.
Certaines de ces conséquences sont inhérentes à l'espèce. En effet,
l'épicéa est non seulement une espèce à feuillage persistant mais
également une essence d'ombre dont les aiguilles, acides, se
décomposent lentement. Il faut 5 à 7 ans (contre 1 an pour la plupart
des feuilles de feuillus) à la faune microscopique du sol pour dégrader
le tapis d'aiguilles. Cette faune qui doit survivre dans des conditions
acides est donc quantitativement et qualitativement moins riche : on
compte 25 fois moins de lombrics en pessière qu'en chênaie. La litière
acide superficielle a également un impact direct sur les eaux de
ruissellement, les eaux de crues et les cours d'eau, acidifiés à leur
tour, surtout si le peuplement est situé en zone alluviale. D'autre
part, la forte densité de ramification et des aiguilles limite la
luminosité et la température au sol, ce qui n'est pas sans conséquences
sur la biodiversité animale et végétale du sous-bois ou du cours d'eau
adjacent. De par sa forte densité foliaire et sa croissance rapide,
l'épicéa exerce un effet de pompage sur l'eau disponible c'est-à-dire
sur le bilan hydrique du sol.
A proximité des berges d'un cours d'eau, l'enracinement traçant des
épicéas ne peut limiter l'érosion du sol lors de la montée des eaux en
période de crues ou de fontes des neiges. Les particules qui ne sont ni
retenues par les racines, ni par la végétation du sous-bois, absente ou
peu développée en pessière, se déposent dans le lit des rivières, les
colmatent et les asphyxient, altérant ainsi les gravières et frayères.
Ces conséquences sont d'autant plus néfastes que le peuplement est
monospécifique et à faible écartement.
D'autres conséquences sont celles résultant de l'exploitation et de la
mise à blanc du peuplement (libération de particules dans les cours
d'eau lors de la traversée des ruisseaux par les engins, orniérage,
lessivage des boues après exploitation, …).
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© PNDO
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© PNDO
Sensibiliser, informer, conseiller, qui, pourquoi, comment ?
Une meilleure sensibilisation du monde sylvicole, du grand public, des
communes, des agriculteurs, des enfants et des jeunes aux problèmes
liés à l'enrésinement des fonds de vallées et des zones humides devrait
contribuer aux changements des comportements et à une préservation plus
responsable et durable de notre patrimoine naturel. Cette mission
éducative se fait au travers de divers supports d'information et
d'actions : des publications, des visites sur le terrain, des activités
de gestion, des animations ou encore l'organisation d'évènements.
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A chacun son réseau
Si l'homme dispose de son réseau de communication pour se déplacer, la
nature, elle, devrait disposer d'un réseau écologique cohérent pour
assurer la préservation de sa biodiversité.
Le réseau écologique est composé de trois zones
Les zones centrales (1), d'un grand intérêt biologique comme
les forêts feuillues, les zones humides, les tourbières constituent des
réservoirs de biodiversité. Elles sont affectées principalement à la
conservation de la nature. Les zones de développement (3) sont
des zones où les activités humaines sont compatibles avec une nature
riche grâce à des mesures de gestion appropriées. Elles sont reliées
entre elles par des zones de liaison (2) comme les rivières,
les haies, les fonds de vallée ou encore les anciennes voies de chemin
de fer qui permettent aux espèces de se déplacer et aux populations
sauvages d'échanger leurs gènes.
Les partenaires du projet
Pour mener à bien ce projet, le Parc Naturel des Deux Ourthes s'est
allié les compétences et savoir-faire de huit partenaires : trois parcs
naturels (le Parc Naturel Haute-Sûre Forêt d'Anlier (BE), le Parc
Naturel de la Haute-Sûre (LU) et le Parc Naturel de l'Our (LU), deux
associations de protection de la nature (les Réserves Naturelles
Ornithologiques de Belgique – pôle Natagora et la Fondation Hëllef fir
d'Natur (LU) et trois gestionnaires forestiers et public (la Direction
Générale Opérationnelle de l'Agriculture, des Ressources Naturelles et
de l'Environnement (BE); l'Administration des Eaux et Forêts (LU) et le
Lëtzebuerger Privatbësch (LU). Cette collaboration étroite entre les
différents partenaires dynamise le caractère transfrontalier en matière
de protection de la nature du projet.
Contacts
Pour plus d'information visitez notre site internet :
www.interreg-vallees-ardenne.eu
Vous êtes propriétaire d'une exploitation d'épicéas en zone humide et
désirez rencontrer un de nos collaborateurs pour obtenir de plus amples
renseignements ? N'hésitez pas, contactez-nous:
Au Luxembourg :
Mireille Molitor (mireille.molitor@gmx.net, tél. : ++352 26 90 81 27 35)
En Belgique :
Nathalie Claux (nathalie.claux@pndo.be, tél. : ++32 (0)61 21 04 02).
Philippe Collas (philipe.collas@natagora.be, tél. ++32 (0)80 41 81 84) – NatagoraBérenger Servais (beranger@parcnaturel.be, tél. : ++32 (0)63 45 74 77) – commune de Bastogne
Vous êtes une école, un naturaliste, un curieux de nature, … et désirez participer à une animation, une visite de terrain ? N'hésitez pas, contactez-nous !
Au Luxembourg :
Mireille Molitor (mireille.molitor@gmx.net, tél. : ++352 26 90 81 27 35)
En Belgique :
Danny Klaessens (danny.klaessens@pndo.be, tél. ++32 (0)61 21 04 04).
Projet Interreg IVa: Restauration écologique
transfrontalière des fonds de vallées et des zones humides enrésinés
Durée : 3 ans (novembre 2008 à décembre 2011)
Périmètre en Belgique: Bastogne, Bertogne, Gouvy, Houffalize, La Roche-en-Ardenne, Sainte-Ode, Tenneville
Périmètre au Grand-Duché de Luxembourg : Boulaide, Clervaux, Consthum, Esch-sur-Sûre, Eschweiler, Goesdorf, Heiderscheid, Heinerscheid, Hosingen, Kautenbach, Lac de la Haute-Sûre, Munshausen, Neunhausen, Rambrouch, Troisvierges, Wahl, Weiswampach, Wiltz, Wilwerwiltz, Wincrange et Winseler
Porteur du projet : Parc Naturel des Deux Ourthes.
Partenaires opérateurs : Réserves Naturelles RNOB , Fondation Hëllef fir d'Natur, Parc Naturel
Haute Sûre Forêt d'Anlier.
Partenaires méthodologiques : Administration des Eaux et Forêts, Département de la Nature et des
Forêts, Parc Naturel de la Haute-Sûre, Parc Naturel de l'Our,
Lëtzebuerger Privatbësch.
Cofinanceurs : L'union Européenne (FEDER), Le Ministère de la Région wallonne, Le
Ministère de l'Environnement du Grand-Duché de Luxembourg.
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